mardi 3 novembre 2009

Espace sur le net pour la musique yoruba, en français

Ce blog est le fruit d'une collaboration entre
"Guarachon" aux USA et
"Patricio" en France.
Antoine Miniconi à
La Havane est également devenu co-informateur de ce blog.

Le blog en français sur lequel vous êtes possède une seconde page, dédiée spécifiquement à la rumba: rumberosdelahistoria.blogspot.com
également co-écrite par les deux bloggers.

(30 janvier 2008)
On nous a signalé de nombreux problèmes quand à l'affichage des extraits vidéos venant de YouTube ou d'ailleurs sur notre site. Nous n'y pouvons malheureusement pas grand-chose…
SOLUTION SIMPLE: modifier la taille (en particulier la hauteur) de la page de votre navigateur - cela fonctionne!!!

(17 mai 2009)
VISITEZ NOTRE NOUVELLE LISTE DE LIENS, fruit de nos amitiés et de nos recherches sur le net!!

Vinyl "Le Chant du Monde": rarissime.


Grâce à un correspondant et ami des USA, James Whiting, nous sommes en mesure de publier cet article pour éclairer le sujet d'un vieux disque français, "Rythmes de Cuba, Le Chant du Monde, par l'Ensemble National de Danse de Cuba" (LDS 4218).
Nous avions déjà évoqué ce disque dans l'article "Discographie" sur notre blog sur le Conjunto Folklórico Nacional.

James - que nous ne remercierons jamais assez - a fait des pieds et des mains pour nous permettre enfin de partager cet album rarissime avec les internautes. Vous pourrez le télécharger au format mp3 et Aiff en cliquant ICI.
(Si le lien ne fonctionne pas, n'hésitez pas à nous le signaler!! - Nous devrons re-contacter James pour qu'il le renouvelle…).
Pour cela, il a dû nettoyer le disque et le numériser, en essayant d'en ôter légèrement les bruits de fonds pour lui conserver une qualité sonore optimale. Il nous a même envoyé une photo du vinyl sur sa platine:


À propos du contenu du disque:

Il ne s'agit pas d'un disque fabuleux du point de vue musical, mais d'un document rare présentant l'intérêt d'entendre chanter à la fois Jesús Pérez, José (ou Eugenio?) de la Rosa et Nieves Fresneda.
Il ne s'agit probablement pas d'un enregistrement du Conjunto Folklórico Nacional mais plutôt du Teatro y Danza Nacional qui existait avant 1962. L'enregistrement est "live" et on y trouve le programme suivant:

Face A -
1a) "Chants pour Eleggua" (Che bá, che bá, akpwón José de la Rosa)
1b) "Toques de Tambours Batas" (Alaró)
2) "Chant Abakuá" (Moruá Jesús Pérez)
Plusieurs remarques particulières ici:
-les tambours sont manifestement des congas, et le toque est très étrange, avec une cloche semblable à celle du güiro havanais.
-Jesús Pérez chante au début les parties du soliste et du choeur à lui tout seul.
-Des femmes chantent dans le choeur.
Ne s'agirait-il pas là plutôt d'une sorte de rumba? Jamais plus par la suite on n'entendra d'ensemble national jouer la musique abakuá avec autant d'approximation…
3) "Chant pour Yemayá" (Akpwona Nieves Fresneda, toques Ñongo, Iyesá, Güiro instrumental, Rezo a Ochún, Idde Were).

Face B -
4) "Mamá no Quiere, Conga", sans grand intérêt, et au texte pour le moins équivoque: "Mamá no Quiere que yo Juegue a la Pelota" (sic).
5d) "Chant des Ibeyes" (akpwón José de la Rosa).
5e) "Chant à Ochún" (akpwón José de la Rosa, Iyesá).
6) un "tableau" sans grand intérêt sans la danse, intitulé "La Rembambaramba" (en fait une conga) dont les sous-parties sont mal intitulées, car dans le désordre:
6a) "Mamita, Mamita, Yen, Yen, Yen" (choeur que l'on n'entend… jamais!)
6b) "Okere Iyabo"
6c) "Allá Tumbadores"
La seconde partie est elle aussi abakuá (Allá Tumbadores), jouée da la même façon que sur la face A, mais avec une cloche beaucoup appropriée. Sans doute ce tableau met-il en scène une procession ancienne de carnaval, et l'on entend résonner tout le long des enkanima d'íremes abakuá.

Nous tirerons de l'écoute attentive de ce disque plusieurs éléments intéressants:

-Jesús Pérez est annoncé comme chanteur du second morceau (abakuá). Si on le compare avec le chanteur du disque "Afro-tambores Batá de Giraldo Rodríguez, longuement évoqué sur nos blogs, on constate qu'il s'agit bien du même chanteur, auquel cas le doute n'est plus permis: le chanteur sur "Afro-tambores Batá" est bien Jesús Pérez.

-À propos de José de la Rosa.
Nous avons déjà évoqué ce problème: l'un des plus grands akpwones de Cuba, de "l'ancienne époque", se nommait Eugenio de la Rosa, surnommé - nous a dit Lázaro Pedroso - "El Yerbero", car il vendait des herbes médicinales. Il chante dans ce qui restera comme le premier disque de musique yoruba de Cuba: Santero (Panart 1414, 1947). Sa voix, très particulière, et sa façon de chanter ont sans aucun doute influencé une akpwón beaucoup plus connu: Lázaro Ros.
Dans le film de 1962 "Historia de un Ballet" dont nous avons publié des extraits à la fois sur Youtube et sur Echuaye, on voit chanter l'akpwón ci-dessous:

Ce chanteur est présenté dans le film comme "José de la Rosa El Carpintero". La voix est la même que dans le disque "Santero" mais l'homme paraît en 1962 un peu trop jeune pour avoir déjà chanté dans 'Santero' en 1947, soit 15 ans auparavant.
Par contre, on nous a désigné le musicien ci-dessous:

comme étant "Eugenio de Jesús María, hijo de Obatalá". Il s'agit-là d'une photo rassemblant les différents participants aux conférences de Fernando Ortiz dans les années 1940. Le personnage souriant situé juste derrière lui ressemble fortement à notre José de la Rosa du film. Bien évidemment, il s'agit de supputations, mais il pourrait s'agir-là de frères de la Rosa, Eugenio et José, car la différence d'âge entre les deux ne paraît pas suffisante pour que l'on puisse supposer que l'un fut le père de l'autre.
les deux noms, José de la Rosa et Eugenio de la Rosa, sont mentionnés dans les divers programmes du Teatro y Danza Nacional que nous avons pu trouver, mais jamais nulle part au Conjunto Folklórico Nacional. Ce fait tendrait à prouver deux choses:
1° il s'agit bien ici d'un disque du TNC et non du CFNC.
2° soit il existe deux frères de la Rosa, soit on a confondu plusieurs fois leurs noms et leurs surnoms, ce qui semble improbable. Bien sûr, nous avons envoyé plusieurs mails à Cuba à qui de droit pour éclaircir ce "mystère de la Rosa" et nous attendons des réponses…
Voici une autre photo des conférences d'Ortiz, où, derrière Merceditas Valdés et les joueurs de tambours (iyá: Raúl Díaz "Nasakó" et itótele: Giraldo Rodríguez), il semble bien qu'on ait à nouveau nos deux chanteurs:

jeudi 2 juillet 2009

Martha Galarraga menacée d'expulsion par l'État français: un absurde scandale culturel…


Martha Galarraga n'est pas une artiste anodine: elle est la fille de Lázaro Galarraga, un des plus grands akpwones de Cuba, reconnu (lui) comme un artiste majeur aux USA.
Au vu de sa carrière et de son talent, Martha est l'une des plus illustres chanteuses afro-cubaines, avec Amelita Pedroso, Caridad La Bembona et Teresa Polledo.
Martha est venue vivre en Europe en 1998, tout d'abord en Allemagne, où elle a obtenu sans aucune difficulté un permis de séjour permanent. Elle est ensuite arrivée à Paris en 2002, et n'a eu aucun problème jusqu'en juillet 2008.
La Préfecture de Paris transmet alors son dossier pour enquête à la DDTEFP (Direction Départementale du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle), qui dépend du Ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de Solidarité (quel joli mot!!) et de la Ville.
Le 29 septembre 2008 on lui refuse le renouvellement de son permis de travail. La DDTEFP exige un contrat de travail de plus de trois mois chez un même employeur. Martha trouve un contrat (auprès de l'association Odduara, croyons-nous) garantissant 43 cachets sur 12 mois, que la DDTEFP refuse de valider. Elle met la barre plus haut, en exigeant un contrat de six mois minimum, que Matha fournit: nouveau refus. Quel fonctionnaire zêlé est assez obtu pour ignorer qu'un musicien en France n'obtient que très rarement d'une contrat de telle durée, à moins de travailler avec un artiste majeur ou une compagnie de théâtre ou de danse capable de tourner six mois d'affilée…??

"Le 26 mai dernier la carte de séjour de Martha a été saisie par le 6e bureau de la sous-direction des étrangers de la Préfecture de Paris. Martha n'a plus le droit de travailler".


Conséquences catastrophiques en cascade:
-1° Martha devient de fait un travailleur "sans papiers"
-2° Elle ne touche plus aucune indemnité ni droits ASSEDIC
-3° Elle ne peut quitter le territoire français: adieu au London Lukumí Choir dont elle assume la direction.
-4° Elle perd tous ses emplois en France, dont son poste de professeur à l'ISAAC.
-5° Elle perd son travail avec l'Ensemble Nord-Sud lors de leur prochaine tournée au Brésil
-6° Elle doit attendre 1 à 2 ans une décision du Tribunal Administratif.
-7° Elle peut être expulsée à tout moment et renvoyée à Cuba: retour à la case départ.
-etc, etc…

De quoi Martha est-elle soupçonnée? Comment une personne aussi droite, saine, humaine, joviale et sérieuse comme elle peut-elle déplaire à ce point aux autorités (censées) compétentes?
Selon certaines sources Martha "changerait trop souvent d'employeur". On se demande bien quel délit ce fait pourrait bien constituer. Selon d'autres sources Martha "ne paierait pas assez de taxes" et "n'aurait pas une activité professionnelle suffisante".

De quel droit peut-on empêcher de manière aussi absurde la carrière internationale d'un artiste quel qu'il soit. Martha n'a aucun problème avec quiconque, et pas avec l'État cubain - est-elle accusée de communisme? Préfèrerait-on qu'elle demande l'asile politique? Martha ne veut pas d'un mariage de complaisance, ni de quelque autre "magouille" que ce soit pour obtenir un permis de séjour. Elle est une personne droite et honnête, fatiguée aujourd'hui de se débattre avec les absurdités d'une autorité qui a décidé d'en faire une hors-la-loi.

Martha n'a rien d'autre pour se défendre que des armes culturelles. Il faut donc que son cas fasse suffisamment scandale pour remonter jusqu'au nouveau Ministre de la Culture, Mr Frédéric Miterrand, qui seul désormais peut la sauver.
IL FAUT DONNER À SON CAS UN RETENTISSEMENT CONSIDÉRABLE.
Journalistes, écrivains, scientifiques: à vos plumes!! L'avocate de Martha a besoin de matière médiatique pour étayer sa défense.
Rappelons également qu'un pétition de soutien ayant rassemblé 1300 signatures n'a pas fait vaciller une seule seconde l'institution.

(Martha avec Mark Lotz en Hollande)

Tentons maintenant de répondre brièvement à l'argument:
"Martha Galarraga n'a pas d'activités professionnelles suffisantes":

-tapez "Martha Galarraga" dans le moteur de recherche de Youtube et vous obtiendrez 18 réponses. On y voit Martha dans de nombreux contextes (ce qui prouve qu'elle est une artiste polyvalente qui n'est pas enfermée dans un seul style musical), en France, à Cuba, au Mexique, à la Martinique…
-tapez également "Martica Galarraga" ou "London Lucumí Choir" (11 réponses), ou encore 'Galarumba".

-tapez "Martha Galarraga" dans Google et vous obtiendrez… 18 100 réponses!!
-essayez "recherche par image" et vous obtiendrez… 6 470 réponses.

Voici maintenant quelques éléments discographiques de la carrière de Martha: (il en existe bien d'autres)

(Cuba: Lázaro Ros - Olorun)


(Cuba: Oba-Ilú - Santeria)


(Cuba: Yoruba Andabo - Del Yoruba al Son)


(Cuba: Afrekete - Iyabakuá)

(Hollande: Mark Lotz - Cuban Fishes Make Good Dishes)


(Allemagne: Bayuba Cante - Cheba)


(Allemagne: Bayuba Cante - Orunmila's Dance)


(USA: Omar Sosa - Sentir)


(USA: Omar Sosa - Prietos)


(USA: John Santos - La Guerra No)


(France: Madomko - d'Ouest en Ouest)


SON CURRICULUM VITAE:

(Avec Bayuba Cante en Allemagne)


-Martha est née en 1969 dans le quartier de Luyanó à La Havane.
Elle est la Fille du grand chanteur et joueur de tambours Lázaro Galarraga, membre-fondateur du Conjunto Folklórico Nacional de Cuba, un des plus grands chanteurs de sa génération, dans le style Yoruba.
-En 1990, à l'âge de 21 ans, elle entre elle aussi au Conjunto Folklórico Nacional, où elle restera huit ans, comme danseuse, puis comme chanteuse-soliste.
-Parallèlement, elle officie dans les rituels yoruba à La Havane.
-À la fin des années 1990 elle vient vivre en Europe. Son départ de Cuba l’amène en Allemagne où elle va travailler à ses premières productions musicales, en collaboration étroite avec le conservatoire de Rotterdam tout en chantant dans un groupe de salsa « Macumbachè » à Frankfort. Elle vient ensuite vivre à Paris, où elle enseigne à l'ISAAC (Institut Supérieur des Arts Afro-Cubains).
-Elle entre dans le groupe d'Omar Sosa, un des artistes phares de la scène Latin-Jazz mondiale, avec qui elle chantera au Carneggie Hall. En 2000, sa rencontre avec Omar SOSA, que Martha ne cessera de qualifier de merveilleuse sur le plan musical et humain, l’amènera sur toutes les grandes scènes internationales : les USA, le Japon, le Maroc, Porto Rico, le Brésil pendant 4 années, entourée des plus grands musiciens à commencer par Omar SOSA lui même au piano et Gustavo OVALLES aux percussions.
-Elle forme son propre groupe en 2003: Martha y su Galarumba.
-Depuis qu'elle vit en Europe, Martha a animé de nombreux Masterclasses de chant et de danse en Allemagne, en Angleterre, en Hollande et en France.

(Avec le Conjunto Folklórico Nacional
extrait du film "In Cuba they're still Dancing")


(Avec Lucumí dans le film de Tony Gatlif)


(À La Havane avec Rumberos de Cuba)


(En Allemagne à Darmstadt)


(Toujours en Allemagne)


(Avec Bayuba Cante)